
Des échanges pragmatiques ont rythmé l’après-midi du mercredi 17 décembre 2025 à l’occasion de la table ronde consacrée à la contractualisation, organisée par INTERBEV Nouvelle-Aquitaine. L’objectif de cette rencontre était d’identifier les modalités de mise en œuvre et les atouts des démarches de contractualisation par les opérateurs de la filière. Dorothée Taillandier, coordinatrice des achats du bassin Sud Loire pour le groupe Bigard, a rappelé que son groupe s’appuie sur des contrats depuis plus de vingt ans, afin d’adapter la production aux attentes des consommateurs. Une démarche plus récente pour Pascal Nowak, chargé de mission développement des territoires au sein de T’Rhéa, dont la contractualisation en Nouvelle-Aquitaine s’est amorcée avec la reprise par le groupe de trois outils d’abattage. Pour sécuriser les volumes tout en répondant aux cahiers des charges de ses clients, il a activé deux leviers : l’accompagnement des éleveurs en place vers l’engraissement de leurs animaux et l’installation de nouveaux ateliers.
Une orientation qui s’inscrit dans un territoire historiquement producteur de maigre, comme l’a souligné Didier Cassourret, président de la section bovine de la coopérative Lur Berri. Car c’est effectivement dans ce contexte que la coopérative Lur Berri a affiché sa volonté de développer l’engraissement par le biais de contrats, notamment auprès des jeunes éleveurs, afin de leur garantir des débouchés sécurisés et un prix rémunérateur. Le tout, en proposant un service d’accompagnement technique à l’engraissement sur un territoire traditionnellement naisseur a ajouté Michel Idiart, vice-président de l’OP bovine de Lur Berri : « il s’agit d’une stratégie normale pour répondre à l’enjeu de souveraineté alimentaire, dans un contexte de hausse du maigre et de difficultés de financement ». La conclusion de la table ronde a permis de dégager plusieurs leviers pour poursuivre la sécurisation du revenu des éleveurs tout en assurant la pérennité de la filière. La prise en compte des coûts de production a été complétée par la nécessité de renforcer la communication, ainsi que par la territorialisation des activités, en allant au-delà de la seule optimisation logistique pour développer l’engraissement au plus près des territoires.
À ce titre, Jean-François Aucouturier, président de la coopérative Les Producteurs de la Marche, a indiqué travailler actuellement sur la création d’ateliers d’engraissement en zone dite intermédiaire. Le financement de l’engraissement a également occupé une place centrale dans les échanges. Jean-François Aucouturier a notamment proposé d’ouvrir la contractualisation avec les abatteurs sur la durée d’amortissement des bâtiments.
De son côté, Samuel Duquet, responsable de l’unité représentations et relations institutionnelles au Crédit Agricole Centre France, a présenté un projet de quasi-fonds propres destiné à accompagner les projets d’installation et à éviter la réduction du cheptel lors des reprises.
En conclusion, Jean-Bernard Sallat, président d’INTERBEV Nouvelle-Aquitaine, a invité les participants à un second temps d’échange prévu le mercredi 25 mars prochain, au cours duquel les leviers de la territorialisation et du financement seront plus particulièrement approfondis.